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Pourquoi l’occlusion statique ne suffit pas dans les cas complexes

Introduction

L’occlusion statique est le reflet d’une position mandibulaire, enregistrée à un instant précis. Cette approche fonctionne dans de nombreuses situations simples.

Cependant, les cas dentaires complexes se comportent très différemment. Ils sont, par nature, dynamiques. C’est précisément dans ces situations que les limites des empreintes optiques deviennent évidentes.

L’occlusion statique indique où se trouve la mandibule à un instant donné.
Elle ne nous renseigne pas sur la manière dont elle se déplace, ni sur son fonctionnement lors des activités quotidiennes comme la mastication ou la parole.

CAS SIMPLES

Restaurations unitaires

Impact occlusal limité

Cas complexes

Restaurations multiples

Modifications de la dimension verticale

Adaptation musculaire


Ces paramètres ne peuvent pas être correctement évalués à partir d’une seule position statique.

Quand les empreintes optiques atteignent leurs limites

Le patient a une demande esthétique associée à une usure dentaire généralisée. À première vue, l’occlusion statique semble acceptable, avec des contacts apparemment stables et cohérents.

Mais comme c’est souvent le cas dans les situations complexes, l’occlusion statique ne décrit qu’une position. Elle ne reflète pas la réalité fonctionnelle du patient.

L’insuffisance des scans intra-oraux dans les cas complexes

Les empreintes optiques peuvent suggérer une occlusion plausible lors de la phase de conception. Cependant, elles ne capturent pas des éléments fonctionnels essentiels tels que :

  • Les trajectoires d’ouverture et de fermeture
  • Les mouvements latéraux et protrusifs
  • Les schémas de mastication
  • Les mouvements liés à la phonation

Un enregistrement statique capture un instant.
La fonction, elle, se déroule dans le temps.

Conséquences cliniques de l’absence de données dynamiques

Au quotidien, les problèmes occlusaux dans les cas complexes apparaissent rarement lors de la phase de conception numérique. Ils se manifestent généralement après la pose, lorsque le patient commence à utiliser ses restaurations dans des conditions réelles.

Les conséquences fréquentes sont :

  • Ajustements occlusaux importants : corrections au fauteuil
  • Inconfort du patient : troubles fonctionnels après la pose
  • Instabilité fonctionnelle dans le temps : évolution imprévisible de l’occlusion
  • Reprises prothétiques : augmentation du temps et des coûts

De nombreux problèmes occlusaux ne sont pas des erreurs de conception. Ce sont des problèmes fonctionnels.

.

Pourquoi la dentisterie digitale n’a pas totalement résolu ce problème

Les flux de travail numériques ont considérablement amélioré la précision et la reproductibilité.

Les technologies de scan et les systèmes CAD/CAM permettent aujourd’hui de concevoir des restaurations avec une grande précision.

Cependant, la majorité des workflows se reposent encore sur des données statiques.

Il existe aujourd’hui un maillon manquant dans le flux numérique lorsqu’il s’agit de la fonction.

En analogique, les praticiens utilisaient des outils comme les arcs faciaux manuels ou les axiographes pour enregistrer certains éléments de la dynamique mandibulaire. Bien que ces dispositifs aient leurs limites, ils reconnaissaient un principe fondamental : l’occlusion n’est pas uniquement statique, elle est fonctionnelle.

Dans de nombreux flux numériques actuels, le praticien scanne, enregistre une occlusion statique et transfère les données au laboratoire. Le processus est rapide et précis, mais il omet souvent le mouvement mandibulaire réel.

La dentisterie digitale a perfectionné la forme et l’alignement. Mais la fonction nécessite des informations dynamiques que les données statiques ne peuvent fournir.

De la position statique au mouvement fonctionnel

Améliorer la prévisibilité dans les cas complexes implique un changement de perspective.

Au lieu de se concentrer uniquement sur des positions statiques, le clinicien doit intégrer le mouvement fonctionnel dans son diagnostic et sa planification.

Cette approche permet d’évaluer la fonction avant la mise en place du traitement, plutôt que de corriger les problèmes occlusaux après coup.

Le rôle de MODJAW dans les cas complexes

MODJAW est un système d’enregistrement des mouvements mandibulaires en temps réel, conçu pour intégrer des données fonctionnelles dans les flux de travail numériques.

Dans ce cas, l’analyse dynamique a révélé des éléments qui n’auraient pas pu être anticipés à partir des seuls enregistrements statiques.

Évaluation du MIP

Lors des mouvements d’ouverture et de fermeture, le patient ne revenait pas systématiquement à la position MIP enregistrée lors du scan intra-oral.

Cette situation est relativement fréquente : il peut exister une occlusion fonctionnelle différente de la position statique enregistrée.

Évaluation du mouvement protrusif

Lors des mouvements de propulsion, l’amplitude mandibulaire dépassait largement ce que suggérait l’empreinte statique.

Cela a mis en évidence des schémas de guidage fonctionnels invisibles avec des données purement statiques.

Évaluation de la dimension verticale

Le projet esthétique a été combiné aux données de mouvement.

Cela permet de tester virtuellement le résultat et d’évaluer si la dimension verticale doit être maintenue ou modifiée, sans rescanner et augmenter le temps au fauteuil.

Transfert numérique au laboratoire

Les données statiques et dynamiques ont été transférées numériquement au laboratoire.

Le prothésiste peut alors concevoir les restaurations en tenant compte du mouvement mandibulaire réel et identifier les interférences potentielles en amont.

Ce workflow permet d’effectuer des ajustements virtuels avant la pose et de réduire les corrections occlusales au fauteuil.

Ce que le mouvement apporte par rapport aux scans intra-oraux

Comparées aux données statiques, les données de mouvement offrent plusieurs avantages :

  • Communication avec le patient. La visualisation de la fonction facilite la compréhension des décisions et du traitement proposé par le praticien.
  • Prise de décision clinique. La dimension verticale peut être évaluée à partir du mouvement naturel du patient, sans rescanner.
  • Réduction des risques. Les interférences fonctionnelles peuvent être identifiées plus tôt dans le processus.
  • Communication avec le laboratoire. Les paramètres basés sur le mouvement permettent une conception occlusale et une morphologie postérieure au plus près de la réalité du patient.

Une empreinte statique capture une position. Les cas complexes nécessitent la compréhension du mouvement.

Plus le cas est complexe, plus la fonction devient déterminante.
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